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panneau concours MENU > URBANISME > > 2 3 4 précédent / suivant Principes urbanistiques Junglinster est une de rares communes à Luxembourg qui dispose d’un patrimoine architectural historique très riche et d’une préservation de ces éléments à travers le temps. Ces vestiges architecturaux constituent l’âme du village, son noyau dur. Aujourd’hui Junglinster se trouve exposée à une forte densité démographique et à une mutation sociale indéniable ainsi qu’à une expansion géographique. Le choix urbanistique qui a dominé la conception du nouveau quartier est défini par une volonté de créer un site communicatif, ouvert et accueillant et de doter Junglinster d’une place centrale, qui crée un lieu social. Junglinster dispose de beaucoup d’espaces extérieurs éparpillés dans le village mais est en manque d’un lieu central, autour duquel la vie sociale prend place. Le projet crée un nouveau centre contemporain qui se rattache au centre historique par des typologies, architectures et matériaux et surfaces similaires. La suppression à terme de l’artère rte d’Echternach comme artère principale permet la création d’un point de rencontre entre le centre nord et sud de Junglinster. Le site est considéré dans l’ensemble plus large de la vallée de l’Ernz noire de part et d’autre de laquelle s’est établi le village. Le projet se base sur une reconnaissance préalable des éléments de valeur présents dans la vallée. Il s’articule sur la recherche et valorisation et la construction de lieux d’identité rurale et urbaine liés à la rivière et à la vallée. Ces lieux sont qualifiés autant par le traitement des espaces publics (place d’eau, canal, bief... etc.) que par l’architecture de programmes spécifiques (moulin, pompe, barrage, écluse etc.) Notre démarche ne consiste pas en la création d’un nouveau centre ex nihilo mais découle d’une recherche approfondie sur le site et ses alentours, les axes, les percées visuelles et le mode de vie. Le site actuel demande une insertion sensible à échelle humaine. Le principe de base qui sous-tend l’ensemble du projet, est la mise à jour de la rivière et sa mise en valeur comme élément de centralité et d’identité du village. Le projet intègre et tire ses tracés des éléments périphériques au site et qui structurent aujourd’hui le village : - La rue du village qui relie le site au ‘coeur historique’ de l’église et du château ; - L’assiette de l’ancienne voie de chemin de fer, c’est à dire la rue de la gare ainsi que la promenade dans son prolongement au delà de la route de Luxembourg ; Ces deux premiers tracés déterminent un croisement en ‘papillon’ qui élargi et prolongé sur le site, constituera l’espace majeur du projet. - Les liaisons latérales en attente sur le coteau le long de la rue Hiel qui s’intègrent dans les géométries du projet La rivière est considérée comme une ligne de partage entre les deux typologies contrastées qui sont installées de part et d’autre de la vallée. Les typologies urbaines mises en place dans le projet répondent au contexte immédiat du site. La piazza s’ouvre vers des éléments de quartier existant, comme les cafés le long de la rue de la gare. L’ensemble du terrain est découpé sur sa longueur par plusieurs traversantes qui créent des îlots et des séquences à caractère et séquences diverses et soudent les deux rives actuellement séparées par une espèce de noman’s land, le terrain de football. A l’est une typologie de blocs continu créé une façade continue répondant aux constructions de la rue de la gare. Le front bâti crée ainsi une protection vis à vis du trafic de la rue tout en ménageant des ouvertures sur la vallée, la rivière et le coteau ouest. Il existe une transition de la rue de la Gare vers la rue Hiel partant d’îlots plus fermés pour s’ouvrir et se fragmenter du côté des coteaux le long de la rue Hiel. A l’ouest, en contraste, les bâtiments s’organisent sous la forme de solitaires laissant des vues transversales multiples entre coteau et rivière. Les espaces intermédiaires reprennent la typologie des cours, jardins semi-publics tels que l’on peut les voir près de l’église et du château.
Typologie urbaine architecture La quasi-totalité des bâtiments ne dépasse pas les 2.8 niveaux pour une intégration parfaite dans le contexte actuel. Les gabarits de bâtiments sont adaptés à leur environnement proche. Les profondeurs n’excèdent pas 12m dans le souci d’éviter des formes de toitures colossales hors proportions. Une diversité entre toitures plates et toitures à double versants asymétriques et symétriques laisse paraître le nouveau quartier comme ensemble contemporain se rattachant toutefois au caractère historique de Junglinster. Les 5e façades sont dans le cadre de ce projet très importantes et notamment par le fait qu’elles sont très visibles depuis les coteaux de Junglinster et vont fortement marquer l’identité de la nouvelle urbanisation. Le projet installe une grande diversité urbaine pour constituer une identité complexe et riche. Le tissu se compose de maisons unifamiliales en bandes, de maisons triplex, d’appartements et duplex, de services etc. Le langage architectural s’inspire des typologies existantes. Ainsi se côtoient villas rurales, maisons en bandes, maison d’angles, maisons triplex, maison à plusieurs unités pour créer un mélange social et vivant. Les îlots sont plus ou moins fermés travaillant avec des espaces intérieurs de grande qualité et diversité. Les plans pour logements sont tous basés sur un principe de logements traversants permettant les courants d’air et une qualité de lumières différentes. Les plans sont ouverts et flexibles et adaptables par les utilisateurs. La place centrale est dotée de deux bâtiments qui se démarquent pour animer la place et en même temps lui donner une identité. La maison des jeunes et la maison des citoyens se côtoient et dialoguent ensemble autour de la place. Les matériaux utilisés sont l’enduit à la chaux qui par rapport à un crépi classique permet une matérialité s’insérant dans le contexte matières de Junglinster. Ce détail infime est cependant d’une grande importance au niveau de la lecture de l’ensemble. Des pierres du pays de couleur sable et éléments bois viennent seront utilisés pour encadrements, volets etc.
Distribution des fonctions La distribution des fonctions est fortement liée au phasage. Les activités commerciales sont regroupées vers le nord du site pour donner plus d’importance aux équipements commerciaux déjà mis en place et pour créer ensemble avec ceux-ci un pôle attractif de commerce de quartier. On pourrait dire en quelque sorte que l’habitat pur est situé le long de la rue de la Gare. Le long de la rue de la gare en partant du nord vers le sud sont implantés des fonctions d’habitat. Le long de la rue du Hiel sont situés des volumes qui sont mixtes et sont dédiés aux pépinières d’entreprises, espaces pour professions libérales, maison pour jeunes, internetstuff, maison des citoyens.
Accès et circulations principales (+gare de bus) La qualité des espaces publics d’un coeur de bourg dépend beaucoup du trafic auquel il est soumis. Afin de préserver la qualité de vie de ce nouveau coeur, les circulations et dessertes sont rejetées sur les bords de la vallée de manière à dégager le coeur du site de tout traffic. La liaison entre le centre d’activité et le centre historique qui passe aujourd’hui au milieu du site, est repoussée au sud afin de limiter l’impact du traffic. Le projet intègre dans ses tracés l’urbanisation à terme des terrains situés sur le coteau ouest de la vallée. La traversée piétonne qui limite la place d’eau au sud pourra à long terme être convertie en voirie ouverte au traffic de mainière à permettre la liaison vers le coteau et plus loin au delà de la route de Luxembourg. La gare de bus est volontairement traitée comme une fonction de second plan sur la place du carrefour entre rue de la gare et route d’Echternach. Une emprise propre n’est pas confisquée pour la desserte des bus mais cette fonction est reçue sur la place comme une invitée. Le but étant de procurer aux habitants un lieu dont les qualités paysagères et urbaines ne sont pas soumises aux variations dans le ballet des bus mais fonctionne indépendamment de leur présence comme une véritable pièce urbaine. Ce lieu est ainsi traité d’abord comme un élément d’espace public et de paysage. Les incertitudes qui concernent le maintien ou non de la gare routière sur le site n’affectent donc aucunement le projet.
Stationnements Il existe différentes typologies de parking sous forme de parkings couverts, pocket parkings et stationnement linéaire le long des routes. Ces typologies répondent également aux atmosphères des espaces publics dans lesquels ils s’inscrivent. Les parkings se dispersent à travers le site pour garantir le plus de flexibilité possible par rapport au phasage.
Espaces verts et cours d’eau Le phasage, les typologies urbaines développées, l’adaptation au contexte local permettent de distinguer plusieurs atmosphères paysagères. Le traitement de la rivière et sa remise à jour constituent l’armature du terrain. Le long de son parcours, l’Ernz noire sera travaillée selon plusieurs séquences. Au sud, à proximité de la pépinière d’entreprise qui se veut une évocation d’un moulin contemporain, elle prend la forme d’un bief. Plus au nord, au passage de la phase 2, la rivière adopte un caractère domestique accompagnée d’une promenade et ouverte sur les cours des îlots adjacents. L’Ernz Noire s’élargit ensuite en une place d’eau généreuse. Ce lieu, en bordure immédiate du « Champs de foire » constitue un élément de centralité puissant pour le quartier et pour le village. La rivière y est présentée comme un joyau, ouverte au ciel et attrapant les reflets du village et ses coteaux. De part sa localisation, ce bassin, véritable place d’eau, constitue un point d’ancrage et d’articulation des axes essentiels du village et du terrain. Il conjugue ainsi ensemble la rivière mise à jour et son prolongement vers l’aval, l’axe morphologique propre de la vallée, l’aboutissement de la rue du village depuis l’église, le château et les écoles, et l’ouverture et le cheminement vers l’amont et la zone de commerces et d’activités. Après le passage d’un seuil permettant le maintient du miroir d’eau et donnant vie à l’eau, la rivière poursuit son cours sous la forme d’un canal urbain auprès duquel se situent terrasses et cours. Le projet intègre le patrimoine végétal en place tout en établissant une sélection dans les structures existantes. Le patrimoine arboré existant est de caractère. La réouverture de la rivière va aussi de pait avec la réouverture de la vallée. Les peupliers d’Italie qui bordent actuellement l’aire de jeux, s’ils constituent un repère évident à l’heure actuelle, forment toutefois une barrière visuelle est-ouest et écrasent le site de part leur hauteur et leur volume. Des individus seront sélectionnés pour conserver les points de repères à l’échelle de la vallée et constituer des accents paysagers localisés. La palette végétale installée en complément est tirée des espèces locales ou en place. Les plantations déclineront les caractères du plus sauvage et humide (Saules, Aulnes au bord de la rivière), par le champêtre (Frênes, peupliers en coeurs d’îlots et places) vers le plus domestique (Erables, Tilleuls le long des rues et au pied des coteaux). Les rives de la rivière seront essentiellement végétalisées. Les ouvrages qui longent ou ponctuent le cours d’eau recoivent une définition économique et écologique adaptée à la situation. Les murs de soutènements seront en pierre sèche de manière à constituer des niches pour les insectes et invertébrés. Les traversées seront réalisés à l’aide de passerelles à proximité de la place, et de ponceaux plus rustiques dans le secteur plus au sud. Sur l’ensemble du terrain, les surfaces imperméabilisées seront limités, de manière à traiter les espaces et les surfaces dans une logique d’infiltration ou de rétention des eaux pluviales. Les rejets directs à la rivière seront exclus de manière à ne pas engendrer de risques hydrauliques sur la rivière.
Stratégie de phasage Le déplacement de la station service n’étant pas prévu dès le début du projet, nous avons choisi de commencer le phasage par le coté sud du site. La réalisation du projet pourra se faire en quatre phases. La détermination de ces phases se base autant sur une stratégie budgétaire que programmatique. Ainsi : - La première et la seconde phase sont dédiées principalement à du logement et accueilleront également quelques activités. La pépinière d’entreprise de la première phase pouvant servir à attirer des activités s’installant définitivement dans la seconde phase. - Les investissements majeurs en terme d’espaces publics sont repoussés en phase 2 et 3 de manière à permettre leur financement par la cession des terrains et des droits à bâtir des phases 1 et 2. - Les commerces et services seront eux développés principalement en phase 3 et 4 de manière à les rendre financièrement viable dès le début de leur activité, une fois l’installation des nouveaux résidents achevée.
Lieu: Junglinster / Luxembourg Programme: concours d’idées pour la conception urbanistique de l’aménagement des terrains au centre de la Commune de Junglinster Maître d’ouvrage: Administration Communale de Junglinster en association momentanée avec le bureau Okra Landschapsarchitecten bv Dernière mise à jour 02.07.2010 / © 2006 Tatiana Fabeck / Design by Bizart |